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Publié par Via Prévention. Catégorie Chroniques

À la suite de l’analyse du bilan lésionnel des dernières années, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), a inclus dans son plan stratégique 2020-2023 les risques ergonomiques dans les milieux de travail. Ainsi, l’employeur doit prendre en charge tous les risques ergonomiques dans son établissement et les inclure dans son programme de prévention puisqu’il a la responsabilité de protéger la santé et la sécurité des travailleurs (LSST, art.51).


Qu’est-ce qu’un risque ergonomique?

Les risques ergonomiques sont liés à la présence de mouvements répétitifs, d’efforts excessifs ou de postures contraignantes. Par conséquent, ils sont associés au développement de troubles musculo squelettiques (TMS), qui regroupent l’ensemble des blessures affectant les articulations, les muscles, les tendons, les ligaments, les cartilages et parfois les nerfs. Les régions du corps les plus touchées par ces affections sont, le dos, les épaules, et les poignets, soit les trois quarts des lésions avec TMS.

(Source : Statistiques sur les lésions attribuables aux troubles musculosquelettiques (TMS) en milieu de travail 2019-2022, CNESST, p.5)


se trouvent les risques ergonomiques?

Pour cartographier les risques ergonomiques, il faut les chercher dans différents départements et postes de travail. Parmi les endroits les plus à risque, il y a le poste de conduite du véhicule, le poste de travail informatisé et l’atelier mécanique. Une fois les risques repérés, il est important de les évaluer pour les prioriser et les inscrire dans votre programme de prévention.

Voici quelques pistes pour débuter.

Le poste de conduite du véhicule

Au poste de conduite, le conducteur est dans une posture statique et de plus, il est soumis aux vibrations du véhicule. Deux actions préventives peuvent aider à réduire les risques de TMS, soit le bon réglage du siège et son entretien régulier.

  1. Le réglage du siège du conducteur
    Le conducteur passe de longues heures assis au poste de conduite de son véhicule. Le bon ajustement du siège (lien vers fiche) permet de maintenir une posture assise optimale. Si le siège ne s’ajuste pas correctement, le conducteur devra l’inscrire dans le rapport de vérification. Durant le quart de travail, le réajustement du siège permet des microchangements dans la posture, ce qui améliora l’oxygénation des muscles.
  2. L’entretien du siège conducteur
    L’employeur devra s’assurer qu’une vérification et un entretien régulier du siège conducteur soient faits. Une première vérification du siège doit être faite à 20 000 km. Cette vérification visuelle et manuelle permet de s’assurer, entre autres, que, le siège est bien fixé, que le système de réglage du siège est fonctionnel et sans défaut, et que les coussins de l’assise, du dossier et de l’appui-tête, sont en bon état. Ensuite, la SAAQ exige une vérification à chaque 80 000 km pour le remplacement de l’assise du siège.


Le bureau

Au poste informatisé, la posture peut être contraignante si les ajustements ne sont pas optimaux. Le bon ajustement des postes informatisés permet de réduire les risques de développer des TMS. L’employeur doit évaluer la conformité ergonomique des aménagements et repérer les problèmes à corriger. La fiche d’évaluation d’un poste informatisé permet d’évaluer et de corriger les erreurs les plus fréquentes aux postes de travail.

Ce qui doit être noté:

  • Les inconforts ressentis
  • La posture assise
  • La hauteur du plan de travail
  • L’emplacement de l’écran et l’absence de reflets
  • L’organisation de l’espace de travail.

Toutefois, si un inconfort persistait après cette étape, il serait préférable de consulter un ergonome.


L’atelier mécanique

Les mécaniciens font beaucoup de manutention d’objets volumineux et lourds lors de leur travail. Les blessures sont souvent dues aux efforts excessifs, suite à des efforts dépassant les capacités physiques du travailleur. Les postures asymétriques lors de l’exécution d’une tâche (dos en torsion) ou statiques (bras en haut des épaules) sont d’autres risques à considérer.

L’utilisation d’aide à la manutention mécanique permet de réduire les efforts physiques et les postures contraignantes. Ainsi, l’utilisation d’un pont roulant, d’une chèvre de levage ou d’un levier à pneus, contribue à l’amélioration du travail dans l’atelier mécanique. Faire participer les travailleuses et les travailleurs au choix des bons outils, est un bon moyen de les faire adopter le moment venu.

Il est important aussi de surveiller la hauteur de l’établi pour maintenir le dos droit lors du travail debout. Il est préférable de choisir un établi ajustable en hauteur pour s’adapter aux différentes tailles des travailleurs.

Conclusion

Les troubles musculo squelettiques se trouvent dans tous les milieux de travail, il est essentiel de les repérer et de les corriger.

Ouvrez l’œil, notamment, aux postures contraignantes et statiques (posture assise du conducteur), à la répétition d’un même mouvement (travail à l’ordinateur) ou à l’effort physique excessif (mécanicien).